LeLab360-Agency

Création de site internet

Créer un site internet gratuitement : ce qu’on ne vous dit pas

Oui, vous pouvez mettre un site en ligne demain matin sans sortir un euro. Voici ce que ça coûte vraiment sur trois ans, ce que vous ne possédez pas — et les cas où c’est quand même le bon choix.

Julien Rommelard, LeLab360
Julien Rommelard
LeLab360, Carvin · mis à jour le 5 août 2026

Artisan consultant son site internet sur une tablette dans son atelier

C’est vrai, c’est faisable, et dans certains cas c’est même la meilleure décision à prendre. Ce que les plateformes ne détaillent pas, c’est ce qui arrive ensuite : l’adresse qui n’est pas la vôtre, la facture qui apparaît au moment précis où le site commence à servir à quelque chose, et le temps que vous y aurez passé.

Autant le dire tout de suite : je vends des sites internet. Vous allez lire une page écrite par quelqu’un qui a un intérêt dans l’histoire. C’est pour ça que tout ce qui suit est chiffré, daté et vérifiable — et que la dernière section vous dit franchement quand le gratuit suffit.

Oui, on peut créer un site internet gratuitement — voici comment

Les plateformes qui proposent réellement une offre gratuite en 2026

Le paysage est simple : une poignée d’éditeurs proposent un plan gratuit permanent, financé par la publicité et par la conversion vers leurs offres payantes.

PlateformeOffre gratuiteAdresse obtenuePublicité
WixOui, illimitée dans le tempsvotresite.wixsite.comBannière Wix
WordPress.comOuivotresite.wordpress.comPublicités WordPress.com
Google SitesOui, sans publicitéAdresse Google, domaine perso possibleAucune
SiteWOui, limitée en nombre de pagesSous-domaine .sitew.frDiscrète
JimdoOui, limitée en nombre de pagesSous-domaine JimdoDiscrète
CanvaOui, orientée page uniqueSous-domaine CanvaMention Canva

Deux remarques utiles. Google Sites est le seul vraiment sans publicité — mais il a été conçu pour des usages internes (intranet, documentation d’équipe) et non pour une vitrine commerciale : pas de boutique, pas de blog structuré, très peu de réglages de référencement. Et certaines plateformes ont retiré leur offre gratuite ces dernières années : ce qui est gratuit aujourd’hui ne l’est pas contractuellement pour toujours.

Les cinq étapes, sans y passer le week-end

  1. Créez un compte — une adresse mail suffit, sans carte bancaire.
  2. Choisissez un modèle proche de votre métier. Ne cherchez pas le modèle parfait : les couleurs et les images se changent en deux clics, la structure beaucoup moins.
  3. Posez vos pages avant d’écrire : Accueil, Prestations, Tarifs ou Devis, À propos, Contact. Cinq pages suffisent pour un artisan.
  4. Écrivez vos textes. C’est là que passe 80 % du temps réel, pas dans la technique. Un numéro de téléphone visible sur chaque page vaut mieux qu’une animation.
  5. Publiez. Le site est en ligne en quelques secondes.

Ce que vous obtenez au bout

Un site propre, qui s’affiche correctement sur mobile, avec votre nom, vos photos et vos coordonnées. Et une adresse du type plomberie-dupont.wixsite.com/monsite. Retenez cette adresse : c’est autour d’elle que tourne tout le reste de cette page.

Ce que « gratuit » veut vraiment dire

Votre adresse n’est pas la vôtre

plomberie-dupont.fr vous appartient. plomberie-dupont.wixsite.com appartient à Wix, et vous l’occupez. La différence n’est pas esthétique.

Sur un devis, sur un flyer, sur le flanc de votre camionnette, un sous-domaine dit exactement une chose au client : c’est provisoire. Et le jour où vous voulez votre vrai nom de domaine, il faut passer à l’offre payante — c’est précisément le mécanisme. Le sous-domaine n’est pas une limite technique. C’est le levier commercial de la plateforme.

La publicité de la plateforme sur vos pages

Sur les offres gratuites de Wix et de WordPress.com, une bannière ou des publicités s’affichent sur vos pages. Vous ne choisissez pas ce qui apparaît, vous n’êtes pas payé pour, et cela s’affiche à côté de votre nom. Chez Wix, le retrait de la marque est d’ailleurs listé noir sur blanc comme un avantage des forfaits payants.

Les limites techniques

Stockage réduit, bande passante limitée, nombre de pages plafonné chez plusieurs éditeurs, statistiques absentes ou minimales, pas de formulaire avancé, pas de boutique. Rien de rédhibitoire pour une carte de visite en ligne. Bloquant dès que vous voulez publier vos réalisations en photo, tenir un carnet de chantiers ou vendre quoi que ce soit.

Le coût réel : votre temps

C’est le chiffre que personne n’écrit. Comptez 12 à 20 heures pour sortir un site à cinq pages présentable quand on part de zéro : prise en main, mise en page, rédaction, photos, réglages, corrections.

Un artisan qui facture 50 € de l’heure et qui y passe quinze heures vient de dépenser 750 € de temps non facturé. Le site est gratuit. La quinzaine d’heures, non. C’est ce chiffre-là qui manque à tous les comparatifs — et il change complètement le calcul qui suit.

Le calcul que personne ne vous montre : combien ça coûte sur 3 ans

Sur trois ans, un site internet gratuit coûte 0 € en argent mais 12 à 20 heures de votre temps. Passer à l’offre payante d’une plateforme revient à environ 264 € (WordPress.com) ou 605 € (Wix Light), nom de domaine compris la première année seulement. Un site professionnel se situe autour de 1 990 €, une fois.

Tarifs relevés le 5 août 2026, en TTC, sur les pages officielles des éditeurs.

ScénarioAnnée 1Années 2 et 3Total 3 ansCe que vous possédez
Gratuit, vous le faites0 €0 €0 € + 12 à 20 hRien. Ni l’adresse, ni la plateforme
WordPress.com Personnel≈ 48 € (promo −55 %)≈ 108 €/an≈ 264 €Le nom de domaine, à renouveler
Wix Light≈ 202 €≈ 202 €/an≈ 605 €Le nom de domaine. Le site reste chez Wix
Site professionnel LeLab3601 990 €0 €1 990 €Tout : domaine, fichiers, contenus
Site en location LeLab360390 € + 89 €/mois89 €/mois≈ 2 526 € / 24 moisService inclus, sans avance de trésorerie

Lisez la première ligne honnêtement : en argent, le gratuit gagne. Zéro euro, c’est zéro euro.

Ce qui change tout, c’est la colonne de droite et les heures. Si vous ajoutez vos 15 heures à 50 € au scénario Wix Light, vous arrivez autour de 1 355 € sur trois ans — pour un site que vous avez fait vous-même, qui reste hébergé chez un éditeur, et que vous devrez maintenir vous-même. L’écart avec un site professionnel n’est plus celui qu’on imagine.

Comparaison du coût d'un site internet gratuit et professionnel sur trois ans

Pourquoi la première année est trompeuse

Regardez la ligne WordPress.com : 48 € la première année, puis 108 €. Le prix affiché (4 €/mois) est un tarif promotionnel de première année, en paiement annuel d’avance ; le prix de liste est de 9 €/mois. Même logique partout : « nom de domaine offert la première année » signifie payant à partir de la deuxième.

La facture n’arrive donc pas au moment où vous décidez. Elle arrive douze mois plus tard, quand le site est référencé, que vos clients l’ont dans leurs favoris et que reculer coûte plus cher que payer. Ce n’est pas malhonnête : c’est le modèle économique. Mais il faut le savoir avant, pas après.

→ Pour comparer avec un site réalisé par un professionnel, voir le détail dans combien coûte réellement un site internet.

À qui appartient votre site ?

Le nom de domaine : la seule chose qui doit être à votre nom

S’il n’y a qu’une chose à retenir de cette page : achetez votre nom de domaine vous-même, à votre nom, chez un fournisseur indépendant. Une quinzaine d’euros par an. C’est votre adresse commerciale : elle doit vous appartenir, quel que soit celui qui fabrique le site.

Un nom de domaine acheté à votre nom vous suit partout. Un nom de domaine « offert » dans un abonnement vous suit tant que vous payez l’abonnement.

Vos contenus, vos photos, vos formulaires clients

Vos textes et vos photos restent les vôtres — mais ils sont dans la plateforme. Selon les éditeurs, l’export se limite au texte brut, sans mise en page ni structure. Les messages reçus par le formulaire de contact, eux, sont stockés chez l’éditeur : c’est un fichier client, avec les obligations qui vont avec.

Partir : ce que vous récupérez, ce que vous perdez

Ce n’est pas une inquiétude théorique. SiteW publie dans son aide une page dédiée au code d’autorisation pour le transfert sortant d’un nom de domaine, et une autre pour se désabonner. Ces pages existent parce que la question revient assez souvent pour être documentée.

En pratique, en quittant une plateforme vous récupérez : vos textes, vos images, et votre nom de domaine s’il vous appartient. Vous perdez : la mise en page, les réglages, et — le plus coûteux — les adresses de vos pages. Chaque URL qui change est une position gagnée sur Google qui repart à zéro, sauf à mettre en place les redirections correctement.

Un site gratuit vous rend-il visible sur Google ?

Pourquoi un sous-domaine part avec un handicap

Un site gratuit est indexé par Google, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est d’apparaître devant un concurrent quand quelqu’un tape « plombier Carvin » à 8 h du matin.

Sur ce terrain, un sous-domaine hérite d’un contexte qu’il ne maîtrise pas : il partage un domaine avec des millions d’autres sites de qualité très inégale, offre peu de réglages techniques, et n’envoie aucun signal de sérieux. Ce n’est pas une pénalité, c’est un désavantage de départ — face à des concurrents qui ont, eux, un vrai domaine et des avis.

→ Si votre site existe déjà mais ne remonte pas, voir pourquoi votre site n’apparaît pas sur Google.

Ce qui fait vraiment apparaître un artisan sur Google

Voici l’ordre réel, pour une activité locale :

  1. Une fiche d’établissement Google complète et tenue à jour — c’est ce qui déclenche les appels.
  2. Des avis clients récents, avec des réponses.
  3. Un site avec un vrai nom de domaine, cohérent avec la fiche.
  4. Des pages qui parlent de vos prestations et de vos communes.

Par où commencer

Commencez par votre fiche Google — et après ?

Si vous n’avez ni site ni budget, votre fiche d’établissement Google est le meilleur investissement de votre première semaine. Elle est gratuite, elle appartient à Google et non à un éditeur, et sur une recherche locale elle apparaît avant les sites internet. Beaucoup d’artisans du bassin décrochent leurs premiers appels par là — à condition de respecter les consignes de Google sur la représentation de son établissement.

Mais une fiche seule plafonne vite : elle ne raconte pas vos chantiers, ne détaille pas vos prestations, ne rassure pas sur les prix, et vous ne contrôlez pas ce que Google en affiche. Le duo qui fonctionne, c’est fiche + site à votre nom — chacun renvoyant vers l’autre.

Fiche Google d'établissement d'un artisan affichée sur un smartphone

Ce que le gratuit ne vous dispense pas de faire

Les obligations légales ne dépendent pas de votre budget. Un site vitrine gratuit d’artisan est un site internet professionnel, avec les mêmes règles qu’un site à 5 000 €.

Obligatoire, quel que soit le budget

  • Mentions légales : identité, adresse, numéro d’immatriculation, contact, numéro de TVA, identité de l’hébergeur. Elles sont obligatoires sur tout site professionnel et doivent être facilement accessibles. Le manquement est puni d’un an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (service-public.gouv.fr).
  • Formulaire de contact = collecte de données personnelles. Vous devez informer le visiteur de ce que vous en faites et combien de temps vous les conservez.
  • Bandeau cookies : dès qu’un traceur non essentiel est posé (statistiques, vidéo intégrée, carte), le consentement doit être recueilli par un acte positif clair. Les cases pré-cochées sont interdites (CNIL).

Rien d’insurmontable — mais c’est une à deux heures de travail que les tutoriels « créez votre site en 5 minutes » ne comptent jamais.

Alors, gratuit ou pas ? Le test en 6 questions

Répondez franchement. Trois « non » ou plus : le gratuit fera très bien l’affaire pour l’instant.

  1. Mon site doit-il apparaître sur des recherches concurrentielles dans ma zone ?
  2. Vais-je imprimer cette adresse sur des devis, des cartes ou un véhicule ?
  3. Est-ce que je compte publier régulièrement (chantiers, réalisations, actualités) ?
  4. Une bannière publicitaire d’un tiers sur mes pages me pose-t-elle un problème ?
  5. Ai-je besoin de récupérer des demandes de devis structurées ?
  6. Mes 15 heures valent-elles plus que le prix d’un site fait pour moi ?

Les cas où le gratuit est objectivement le bon choix

  • Vous testez une idée. Tant que l’activité n’est pas lancée, payer un site est prématuré.
  • Activité saisonnière ou secondaire dont le chiffre ne justifie pas un budget web.
  • Association, club, projet bénévole — aucun enjeu concurrentiel.
  • Vous avez besoin d’une page, pas d’un site : présenter une offre unique, afficher des horaires.
  • Vous aimez ça et vous avez du temps. C’est une raison parfaitement valable.

Dans tous ces cas, prenez le plan gratuit sans culpabiliser. Achetez juste votre nom de domaine tout de suite, à votre nom : quinze euros qui vous éviteront de tout refaire plus tard.

Les cas où il vous coûtera plus cher qu’un site payant

  • Vous êtes sur un marché concurrentiel local (plomberie, chauffage, couverture, serrurerie).
  • Votre site doit générer des demandes de devis, pas seulement exister.
  • Vous avez déjà perdu du temps sur une première tentative sans résultat.
  • Vous n’avez pas les 15 heures — et le site traîne à moitié fini depuis six mois.

Trois situations concrètes

Carvin

Le plombier

Marché saturé, urgences, décision en trois minutes sur mobile. Son sous-domaine ne remontera jamais devant des confrères installés.

→ Fiche Google d’abord, site vitrine professionnel ensuite.

Hénin-Beaumont

La coiffeuse à domicile

Elle démarre, sa clientèle vient du bouche-à-oreille et d’Instagram. Une page gratuite avec ses prestations, ses tarifs et un bouton d’appel suffit largement la première année.

→ Gratuit, sans hésiter.

Lens

Le paysagiste

Trois ans d’activité, un portfolio de chantiers, des devis à cinq chiffres. Ses photos avant/après sont son meilleur argument — et le plan gratuit plafonne son stockage.

Un site fait par un professionnel se rembourse sur un seul chantier.

Questions fréquentes

Non. Publier est gratuit chez plusieurs éditeurs, sans limite de durée et sans carte bancaire. C’est avoir une adresse à votre nom et retirer la publicité qui devient payant — à partir d’environ 4 à 17 € par mois selon la plateforme.

Pas cachés : différés. Le nom de domaine, le retrait de la publicité, le stockage et les fonctionnalités professionnelles arrivent tous au moment où le site commence à servir. Et la première année est presque toujours à tarif promotionnel.

Oui, l’offre gratuite existe sans limite de durée, avec une adresse en .wixsite.com et une bannière Wix. Le premier forfait payant, Light, est à 16,80 € par mois TTC en paiement annuel (relevé du 5 août 2026), avec un nom de domaine offert la première année.

Oui, et sans publicité — c’est son principal atout. En revanche l’outil a été pensé pour des usages internes : pas de boutique, pas de blog structuré, très peu de réglages de référencement. Correct pour une page d’information, limité pour une vitrine commerciale.

Il est indexé, oui. Bien se positionner localement est une autre affaire : un sous-domaine partagé part avec un handicap face à des concurrents ayant leur propre nom de domaine et des avis récents.

Oui. L’obligation dépend du caractère professionnel du site, jamais de son budget. Mentions légales, information sur les données collectées et bandeau cookies s’appliquent de la même façon.

Le gratuit n’est pas un piège. C’est un point de départ.

Avec des conditions écrites que peu de gens lisent : vous n’êtes pas propriétaire de l’adresse, votre temps n’est pas compté, et la facture arrive quand vous ne pouvez plus reculer.

Si vous hésitez, il y a une étape avant la décision : savoir où vous en êtes réellement sur Google aujourd’hui. Je regarde votre présence en ligne, votre fiche Google et vos concurrents directs, et je vous dis ce qui vaut la peine d’être payé. Y compris si la réponse est « rien pour l’instant ».

Demandez votre audit de visibilité gratuit